Decouvertes scientifiques sur les dauphins

Depuis plusieurs années, Planète Sauvage mène des recherches scientifiques pilotées par le département d’éthologie Ethos de l’Université de Rennes I.

 

Dans le cadre de la présente étude, ont également participé le Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive du CNRS de Montpellier et le Centre des Sciences du Goût de Dijon.

Mlle Dorothée Kremers, avec la participation volontaire des dauphins, a réalisé, sur une période de trois ans, différents tests présentés lors de la soutenance de sa thèse de doctorat en science de la vie (obtenue avec les félicitations du jury).

Les résultats obtenus ont fait l’objet d’une double publication spéciale dans la revue scientifique internationale Frontiers in Ecology and Evolution : http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fevo.2016.00049/full.

 

Publication 1 : Etat des connaissances sur la perception sensorielle chez le dauphin (Sensory Perception in Cetaceans: Part I Current Knowledge about Dolphin Senses As a Representative Species)

Ce premier article :

·         fait une synthèse sur l’état des connaissances scientifiques sur les capacités perceptives des dauphins,

·         montre les limites des informations dont nous disposons,

·         propose de nouvelles pistes de recherche basées sur l’exemple des récentes découvertes faites à Planète Sauvage.

Il est de notoriété publique que les dauphins sont des spécialistes de l’acoustique, mais on sait peu de choses sur l’utilisation qu’ils font de leurs vocalisations dans leur vie sociale. Par exemple, les dauphins peuvent-ils, comme d’autres animaux, reconnaitre l’âge et le sexe de leurs congénères sur la base de leurs vocalisations ?  Les dauphins ont également une bonne vue, mais quels sont les éléments visuels qui font sens dans l’univers perceptif du dauphin ? Ou encore, les sens du goût et de l’odorat existent-ils chez les dauphins ?

 

Malgré des études menées un peu partout dans le monde au cours des dernières décennies, de nombreuses facettes de la biologie des dauphins restent inconnues. Cela est en partie dû aux difficultés rencontrées par les chercheurs pour les observer dans de bonnes conditions et sur le long terme. Sur la base de ce constat, les auteurs proposent de nouvelle approches scientifiques pour mieux comprendre ce que les dauphins sont capables de percevoir.

Dans cette publication, les chercheurs de Planète Sauvage expliquent comment, en proposant aux dauphins de manipuler deux objets identiques, dont un qui était aimanté, ils ont découvert que les dauphins montraient une nette préférence pour l’objet aimanté. En répétant cette observation, ils ont ainsi montré pour la première fois au monde, que les dauphins étaient capables de percevoir les champs magnétiques.

 

Publication 2 : des approches expérimentales prometteuses dans l'étude de la chemo-réception* chez les dauphins (Sensory Perception in Cetaceans: Part II—Promising Experimental Approaches to Study Chemoreception in Dolphins)

L’étude du goût et de l’odorat du dauphin est quasi-impossible dans la nature, mais réalisable au sein d’un parc zoologique en impliquant la participation spontanée des pensionnaires et la répétition à volonté d’observations dans d’excellentes conditions.

Ainsi, des travaux entrepris à Planète Sauvage ont permis de démontrer pour la première fois que les dauphins ont des préférences basées sur le goût ou l’odorat.

 

Plus concrètement, les scientifiques collaborant avec Planète Sauvage ont proposé deux catégories de choix aux dauphins de Planète Sauvage :

le choix entre s’approcher de bidons vides ou de bidons contenants du poisson. Le contenu était invisible pour les dauphins, néanmoins, dès le 2ème jour, les dauphins s’approchaient et venaient respirer plus souvent à côté des récipients remplis de poisson. Ils faisaient une différence à l’aide de leur odorat.

le choix entre des glaçons simples ou aromatisés au saumon, au hareng ou à la crevette. Les dauphins ont alors réclamé beaucoup plus les glaçons au saumon et au hareng. Il était alors démontré que les dauphins sont capables de faire une différence de goût assez subtile.

 

L’ensemble de ces travaux, inédits chez les dauphins, bouleversent les connaissances jusqu’alors disponibles sur leurs capacités de perception. Ils nous permettent d’apprendre que leur monde sensoriel est beaucoup plus complexe que ce que nous imaginions et de mieux comprendre quels indices leur permettent de se débrouiller dans leur environnement. En complément, ces nouvelles informations peuvent aussi nous aider à mieux comprendre comment l’activité humaine peut perturber ces animaux dans leur environnement naturel.

 

* chémo-réception : capacité de détecter une substance chimique par exemple grâce au goût ou à l'odorat.